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A
moi, Rio de Janeiro : j'arrive ! ©
Jacques DASSIÉ |
Le lendemain matin, lever de soleil vers Bahia de Todos Santos… et peu
après débarquement à Rio-Galeo. Echelle de coupée,
ouverture des portes, le coup d'œil panoramique avant de commencer à
descendre...
Copacabana,
me voici… et je me patafiole, je rate la dernière marche !
En me penchant en
avant pour me rattraper, mes lunettes à triple foyer (assez lourdes)
suivent l'incitation de la gravité… Et en toute logique, mon pied
se pose sur elles, m'évitant ainsi une chute ridicule devant la pleine
coupée... Juste le petit bruit discret de verres qui s'émiettent
et que j'étais seul à percevoir !
Oui, mais se retrouver à Rio, dans l'incapacité de lire le moindre
document, avec au programmes des réunions et discussions avec différentes
Administrations, je ne me voyais pas à mon aise. Décision : taxi
(qui ne parle pas anglais, bien sûr !). Je simule au chauffeur une paire
de bésicles sur mon nez et nous voila partis (vent du cul) vers le centre
ville. Il se gare dans une rue adjacente à une grande avenue (rua de
Buenos-Aires, je m'en souviens) devant une petite boutique : Ótica Thiessen
!

Dans les rues de Rio...
Bon, me dis-je, on va toujours voir ! Le spécialiste en blouse blanche sourit mais ne parle pas anglais. En lui sortant des bouts de verre de ma poche, il comprend. Oui, mais il en manque un morceau, le milieu justement ! Je lui symbolise sous le nez le fonctionnement des plateaux d'une Roberval et il a l'air de comprendre… Il va faire quelque chose de médian entre le haut et le bas !
Où ça se gâte, c'est quand il me montre sur un calendrier une date, une semaine plus tard… Je conteste et je lui montre quatre doigts qu'il finit par traduire par quatre jours… Ça se regâte et c'est sur le cadran de ma montre que je lui fait voir qu'il me les faut dans quatre HEURES…
Négation
formelle. J'ouvre mon portefeuille et lui fait voir un paquet de travelers-checks
tout neufs et sentant bon l'encre d'imprimerie fraîche… Un petit
quart d'heure après, nous nous quittions en nous serrant la main, avec
un rendez-vous ferme vers 14 heures ! Je crois que c'était un homme très
droit, qui a seulement compris l'importance que son travail avait pour moi et
qui a tenu parole
en me faisant, à un prix très honnête, une des meilleures
paires de lunettes que j'ai jamais eu.
Deux ans plus tard : "Dassié, problème à…",
vous connaissez la suite…
Et le lendemain matin, à Rio, je redescend la passerelle… sans
manquer la dernière marche !
(Je vous ai eu, là !). Taxi, et je me fais conduire chez Thiessen…
J'étais tellement satisfait de ces lunettes que j'en voulais une seconde
paire, en secours. Le gars me reconnais, on se congratule, puis, c'est lui qui
me montre quatre doigts et me fait comprendre "Oui, quatre heures, je sais".
Et j'ai eu ma seconde paire…
C'était
une toute petite histoire, innocente, mais parfaitement authentique !
Fin de l'histoire en 2008
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La
"suédine" de Thiessen... |